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 [Nakajima Kaede||ID]

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MessageSujet: [Nakajima Kaede||ID]   Jeu 9 Juin - 20:36

#Nakajima Kaede#
Feat. [Kuroki Maisa]

&

    Identity Card »

    Nom : 仲嶋 - Nakajima
    Prénom : 楓 - Kaede
    Age : 20才- 20 ans
  • Date de Naissance : 1990年11月11日- 11 Novembre 1990
  • Lieu de Naissance : 大阪、日本 - Ôsaka, Japon
  • Nationalité : 日本人- Japonaise

  • Sexualité : Hétérosexuelle
  • Situation : Célibataire

  • Rang : Civil
  • Métier : Baito divers (Chanteuse en Night Club, Host, Etc.)


    Description »



    Kaede est une énigme. Une énigme amoureuse de liberté, d’indépendance. Elle crée son propre monde, et y reste enfermée, volant naturellement dans un ciel dont elle décide les couleurs. C’est la première chose que l’on comprend en la regardant, en apprenant à la connaitre, et qui reste même une fois qu’on la connait bien. Si vous la croisez dans la rue, sans doute ne vous rendrez vous pas compte de cela. Il faut déjà que vous la repériez. Bien qu’elle n’ait pas de style particulier, elle s’habille généralement le plus simplement possible, que ce soit d’une tunique, un t-shirt assorti à un short, une jupe, ou encore une robe. Jamais dans des tons qui flashent, elle se mêle à la foule la journée, vivant réellement uniquement la nuit. Elle n’est pas fan de ces femmes qui passent plusieurs heures enfermées chez elles, dans leur salle de bain, à se maquiller, se préparer. Elle est plus du style à y passer dix minutes, mettre ce qui lui tombe sous la main et se maquiller rapidement. Et pourtant, en y prêtant attention, vous la trouverez soignée, bien coiffée. Une habitude que l’on est obligé d’avoir quand on risque de croiser ses clients à n’importe quelle heure, même en allant juste se chercher un paquet de cigarette au distributeur le plus proche. Parce que oui, elle fume. Elle a conscience que ce n’est pas quelque chose dont elle devrait être fière, mais en vérité, elle aime le goût du tabac sur sa langue. Au moins ne boit-elle pas. Une fois de temps en temps, pour le goût d’un alcool, cocktail ou shooter, qu’elle aime bien, mais autrement, elle refuse de se mettre mal à cause d’une boisson qu’elle juge traitresse et qui diminue les humains à ses yeux. Tout pour sa fameuse liberté. En apprenant à la connaitre un peu plus, on remarque qu’elle semble toujours plus ou moins froide et détachée. Elle semble ne jamais s’énerver, toujours rester calme. Elle donne d’ailleurs parfois des conseils très avisés. Mais mieux vaut ne pas trop la titiller non plus, parce que les choses n’ont pas toujours été ainsi, et à une époque, elle avait la détente facile. Même si elle ne se bat plus régulièrement, il arrive parfois que quand on l’énerve réellement, elle renvoie tout autant. Et même si ce n’est pas physique, on ne tape pas les plus jeunes que ce soi, et encore moins les filles, elle maîtrise l’art de la moquerie sarcastique à la perfection, et montre parfois des pointes de cynisme peu agréables à entendre. Aussi mieux vaut-il mieux ne pas trop se fier à son apparence de fille gentille. D’ailleurs, elle ne cherche pas à paraitre gentille aux gens, et a plus tendance à s’éclipser discrètement quand on commence à la considérer un peu trop proche. Elle ne veut pas être catégorisée bonne poire sur laquelle on peut toujours compter pour écouter ses déboires. C’est bien le genre de chose qu’elle déteste. Et sans doute est-elle un peu égoïste, mais elle vit tout d’abord pour elle, et ne se sacrifiera pas pour les autres. Elle a une grande fierté, qui la fait se tenir droite, la tête haute, en toutes situations, même quand elle ferait mieux de se taire. Elle a une grande gueule, il faut l’avouer, et elle n’hésitera pas à s’en servir. Mais ne pas la prendre pour un ange tombé du ciel s’il arrive qu’elle semble aider quelqu’un parfois. Elle a vécu le bizutage, s’est défendue seule et a gagné le respect et l’estime qu’on lui devait, aussi parfois décide-t-elle d’aider les gens le subissant devant elle, mais elle préfère souvent éviter. Sans doute a-t-elle peur de récupérer ensuite un boulet qui ne la lâcherait plus. D’ailleurs, on comprendra qu’elle est très solitaire, créature nocturne préférant le doux manteau des ténèbres, et ses longues errances au fil des rues et de ses pensées, plutôt que de devoir fréquenter des gens. C’est une rêveuse, qui passerait bien tout son temps dans ses pensées parfois, et s’y perdrait volontiers. Mais elle sait aussi avoir les pieds sur terre. Il faut avouer qu’elle a un rapport à l’argent un peu particulier, par exemple. Habituée à en manquer, elle se refuse de trop dépenser et de faire des folies même maintenant qu’elle en a à foison. Pour en revenir à sa fierté, elle n’en manque pas, et possède d’ailleurs les qualités de base qu’elle juge nécessaire pour en avoir, à savoir une certaine dose de courage, compensée par un certain réalisme, être un peu tête brûlée, ne se laisser dominer par personne et toujours garder la tête haute. Voilà ce qui lui donne une apparence assez froide quand on ne la connait pas. Surtout qu’elle est à la limite d’être complètement asociale. Forcément, ça n’aide pas les gens à s’attacher à elle. Mais cela lui convient parfaitement. Surtout qu’elle a une façon d’aimer très particulière, et même si elle garde les gens dans son cœur, elle peut passer plusieurs années sans penser à prendre ou donner des nouvelles.

    Les personnes les plus proches d’elle, en revanche, ne ressentent pas cette distance qu'elle installe entre elle et le reste du monde. Bien au contraire. Avec les gens qu’elle apprécie le plus, à savoir ses frères et ses amis les plus proches, elle sait montrer beaucoup de chaleur, d’affection, de gentillesse et de douceur. C’est une fille qui a ses petits côtés mignons que les gens qui la connaissent bien savent reconnaitre. Quand elle se mordille la lèvre parce qu’elle est gênée, quand elle fixe le sol parce qu’elle se sent coupable. Son entourage a parfois l’impression d’avoir une petite fille face à lui, parce qu’elle a gardé certains traits de caractère des enfants, refusant de les céder à l’univers froid dans lequel elle a grandi. Mais c’est parce qu’elle a beaucoup reçu plus jeune qu’elle est capable de donner tant à ceux qu’elle aime maintenant. Elle est d’une loyauté sans faille, et semble très peu rancunière, jusqu’à un certain point. Une limite invisible que si on a le malheur de la dépasser, nul ne sait ce qui peut arriver. Comme dit précédemment, elle est très douce, et de ce fait, sait se montrer très câline, à la limite du vulgaire par rapport à sa culture. Elle s’occupe avec plaisir de ceux qu’elle apprécie, que ce soit quand ils sont malades, dans le besoin, à la recherche d’une oreille, ou qu'ils ont juste faim. Elle n’est pas radine et ne semble d’ailleurs pas avoir beaucoup de défauts. Elle est très facile à vivre, tant qu’on ne tente pas de l’enfermer, de la maintenir prisonnière. Elle vit dans sa propre petite bulle, certes, dans un monde où les gentilles seraient blancs et les méchants noirs, et où un prince charmant viendrait à sa rencontre, un jour. Elle croit dur comme fer à la légende du fil rouge, mais elle ne le reconnaitra jamais, puisqu’elle refuse même de se l’admettre. Elle n’hésite pourtant pas à intervenir dans les débats quand il s’agit du destin, auquel elle croit. Elle pense qu’il existe, mais qu’on a le choix de s’y opposer, en faisant ses propres choix, qu’il se modifie en conséquence de nos actes. D’ailleurs, bien qu’elle semble si calme aux premiers abords, en la connaissant, on se rend compte qu’il lui arrive souvent de s’emporter sur un sujet ou un autre, passionnée au point de vouloir débattre absolument pour expliquer son propre point de vue. Même quand il s’agit de comment faire cuire les pâtes… Et ce n’est pas la seule façon de s’emporter qu’elle a. Elle va toujours jusqu’au bout de ce qu’elle décide de faire, le problème est qu’elle ne prend pas toujours la peine de réfléchir avant de prendre une décision, et les prend d’ailleurs très souvent sur un coup de tête. Elle est très impulsive et pas spécialement réfléchie dans ses actes. Et pourtant, elle semble mature, mais elle ne l’ait malheureusement pas tout le temps. Et autant certains de ses choix sont dépourvus de conséquences, autant d’autres beaucoup moins. Ainsi, c’est sur un coup de tête qu’elle s’est faite tatouer le joli petit papillon qui orne son aine du côté droit, ainsi que le kanji de son prénom sur la cheville de la jambe droite, côté intérieur, juste parce qu’elle trouve les érable magnifiques durant ses deux saisons préférées de l’année, le printemps et l’automne, le début et la fin. Ses piercings, quatre au total, ne sont pas plus réfléchis. Les deux premiers sont deux trous de base aux oreilles, qui pourraient passer s’il n’y en avait pas un autre sur le cartilage de son oreille gauche. Quand au quatrième, un piercing tout à fait banal au nombril. Soyons heureux que l’idée d’en faire un à l’arcade n’ait fait que l’effleurer. Elle représente un véritable pandémonium pour les gens qui l’entourent, qui ne savent pas réellement comment la contrôler quand elle a une idée en tête, et se contentent bien souvent de la regarder faire, leur désaccord lisible sur leur visage. Elle s’excuse parfois d’être comme ça, mais au final pour rien au monde elle ne voudrait changer. Elle trouve tellement agréable l’idée de profiter de la vie, de suivre ses envies, de ne pas avoir de règles ni de limites. Elle n’a d’ailleurs que très peu de règles, que l’on pourrait compter sur les doigts d’une main. Généralement complètement différentes de celles des autres gens. Mais elle se plait à vivre sa vie comme elle la construit, chaque jour représentant une nouvelle aventure, des nouveaux défis à relever, et surtout, aucune monotonie. Elle n’aime pas spécialement la routine, et pourtant dispose d’une capacité d’adaptation hors du commun, la rendant capable de partir à l’autre bout du monde et avoir l’impression d’y avoir toujours vécu en trois heures seulement. Même s’il faut admettre que son sens de l’orientation, par contre, est une véritable catastrophe. Elle arrive à se perdre sur un chemin qu’elle a déjà fait des centaines de fois. Et à l’inverse, quand elle laisse ses pieds la guider, se perdant dans le labyrinthe de ses pensées, elle arrive généralement à destination. La question est, en combien de temps. Sans doute le double ou le triple de quelqu’un de normal. Et pourtant elle marche vite, maitrisant l’art des talons comme des chaussures plates quand il s’agit d’avancer sans trainer.

    Voilà une maigre description de la demoiselle, qui est loin de se trouver parfaite. Mais comme elle le dit si bien, « Je n’ai jamais été parfaite, mais toi non plus ».


Dernière édition par Nakajima Kaede le Mer 27 Juil - 3:07, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Jeu 9 Juin - 20:42

    Story »



    Il était une fois, une petite famille, composée d’un père, une mère et leurs trois fils. Ils vivaient dans une petite maison dans la banlieue d’Ôsaka. C’est ainsi que commence tous les contes de fée. Mais l’histoire qui suit n’a rien d’un conte de fée. Les parents de ces trois charmants garçons, âgés respectivement de 5, 3 et 1 an, souhaitaient avoir une fille. Depuis leur mariage, qu’ils avaient dissimulé à leurs parents respectifs, ils avaient toujours voulu une petite fille, qu’ils auraient appelé Kaede, comme leur meilleure amie, décédée d’un accident. Et c’est ainsi qu’un an plus tard, une magnifique petite fille vint au monde. La joie baignait cette famille, malgré les premières difficultés de cette union, qui avait dû subir le désaccord de leurs familles respectives. La mère, Akari, venait en effet d’une famille de riches médecins de Tôkyô, tandis que le père, Kenzô, venait d’une famille pauvre. Akari était destinée à un grand mariage. Kenzô, quant à lui, était destiné à finir sa vie à l’usine. Kaede était une amie d’enfance d’Akari et avait rencontré Kenzô au collège, où ils s’étaient liés d’amitié. C’était elle qui les avait présentés, soutenant par la suite leur histoire d’amour jusqu’à sa mort. Voilà pour le petit historique de la famille Nakajima, qui avait fui à Ôsaka, pour s’y installer. Leur chère petite fille vint au monde en Novembre, par une journée glaciale, mais d’un ciel bleu magnifique. Elle trouva tout de suite grâce dans ce petit monde à part. Elle fut, dès son premier cri, couvert d’amour et d’affection de la part de ses parents et de ses trois grands frères, heureux d’avoir une petite sœur à bichonner. Bien que la maison fût petite, seulement deux chambres, une pièce de vie, une petite cuisine et une petite salle de bain, tout le monde y mit du sien pour accueillir la nouvelle venue. Les revenus de Kenzô ne permettaient pas à la modeste famille de déménager, et Akari était obligée de rester à la maison pour élever ses enfants, seul l’aîné ayant l’âge d’aller à l’école. Elle recevait parfois l’aide d’une de leurs voisines, quand elle prenait un petit baito pour arrondir les fins de mois. Elle n’avait que 25 ans et son mari 26. Mais ils étaient heureux et même si ce n’était pas facile tous les jours, ils s’aimaient et aimaient leurs enfants. Rien ne pouvait troubler cette famille, pas même la venue, quelques semaines après la naissance de la petite, de ses grands-parents maternels. Ils avaient fini par retrouver leur fille, mais en voyant le monde dans lequel elle vivait et leurs petits enfants, ils furent attendris et décidèrent d’accepter le mariage contre lequel ils s’étaient si vivement opposés. Ils offrirent même à leur fille et leur beau-fils de revenir vivre à Tôkyô, où ils les aideraient à joindre les deux bouts, proposition que refusa le jeune couple, expliquant qu’ils aimaient l’endroit où ils s’étaient installés. Il fut convenu que l’on se reverrait bientôt. La vie s’éclairait.




    Kaede grandit dans une famille heureuse, choyée par ses parents, grands-parents maternels et ses frères. Elle touchait le bonheur du bout des doigts sans même s’en rendre compte, trop jeune pour comprendre que la vie n’était pas toujours si rose, et d’ailleurs que même autour d’elle, tout n’était pas rose. Elle fêta ses trois ans, innocente, encore inconsciente de ce qui l’attendait par la suite. En effet, sa mère venait de tomber malade, un cancer du poumon, déjà trop avancé pour offrir le moindre espoir de guérison. Elle décéda un peu avant le quatrième anniversaire de sa fille, qui encore un peu jeune pour comprendre réellement ce qui se passait, pleura beaucoup quand on lui annonça que sa maman était partie. L’une des voisines la prit en charge la journée, ses frères allant déjà à l’école, elle était la seule encore trop jeune. Ces derniers, d’ailleurs, la couvraient de tout leur amour, comme pour compenser le manque de leur mère et les absences de plus en plus répétées de leur père, qui rentrait tard régulièrement, entouré d’une forte odeur d’alcool. L’ainé se chargeait, du haut de ses 10 ans, de protéger ses petits frères et sa sœur des quelques crises de violence de leur père, refusant de laisser faner le sourire de ses trésors. L’anniversaire de la petite princesse vint, un jour tout aussi froid que celui de sa naissance, mais avec un magnifique ciel bleu. Les quatre enfants le fêtèrent ensemble, le père ayant découché. Il ne parvenait plus à vivre sans sa femme. Les parents de cette dernière avaient tenu leur beau-fils responsable de sa mort, puisqu’il fumait beaucoup, à l’inverse de leur fille. Ils avaient tourné le dos à leurs petits enfants, cessant de les aider financièrement aussi, et maintenant que le père ne se présentait plus au travail, ils se retrouvaient sans un sou, parvenant à peine à payer le loyer, mais sans pouvoir payer la nourriture. De plus, le père, qui s’était mis aux jeux, s’était endetté auprès de Yakuza. Le lendemain de l’anniversaire de la petite, les choses se précipitèrent. Le père avait signé un contrat, vendant ses enfants pour rembourser sa dette, atteignant des sommes à peine imaginables. C’est ainsi que les quatre enfants furent séparés de leur père, et quittèrent leur petite maison qui avait hébergée tant de bons souvenirs. L’ainé, qui pratiquait des arts martiaux à l’école, eut le droit à un traitement de faveur, et fut mis au service du fils de la famille, qui avait son âge, en tant que garde du corps, mais aussi ami et homme de main. Le deuxième frère, du haut de ses 8 ans, était plutôt maladroit, et d’une faible constitution. Il fut décidé qu’il aiderait pour les diverses tâches ménagères. Le dernier des fils était volontaire et ne rechignait pas à apprendre et à travailler. Il fut envoyé à l’école, promit à une carrière de juriste au sein de la famille. Quant à notre petite fille, l’héroïne de cette histoire, malgré son très jeune âge, elle fut mise avec son deuxième frère au ménage, jusqu’à ce qu’elle soit en âge de pouvoir aller à l’école et qui sait, plus tard peut-être, de vendre son corps, s’il se révélait assez bien fait pour ramener de l’argent.




    La vie dans une famille de Yakuza était moins pire que tout ce que l’on peut s’imaginer. Les enfants, trop jeunes pour être réellement maltraités, n’eurent au contraire, jamais à se plaindre. Tout le monde les connaissait, et ils étaient appréciés de tous. Ichirou, l’aîné de la petite famille, s’arrangeait pour consacrer un maximum de son temps libre, une fois la nuit tombée, à ses deux frères et à sa sœur. Haru, le deuxième de la famille, s’occupait de sa sœur tout le temps, lui apprenant ce qu’elle avait besoin de savoir pour ne jamais avoir de véritables problèmes dans leur nouvelle maison. Quant à Hiro, le cadet des frères, plus le temps passa, plus il s’éloigna de sa famille, aspiré par ses études et les perspectives de carrière que lui offrait sa nouvelle famille. Kaede, la petite dernière, ne fut pas à plaindre non plus. Elle recevait l’amour de ses frères, bien plus que ce qu’elle avait pu recevoir de son père, ou de sa mère, cette femme qu’elle avait si peu connue. Elle était heureuse, grandissait comme tous les autres enfants, ou presque. A ses 6 ans, elle alla pour la première fois à l’école. Elle eut peur au début, et à la fois, elle était contente de pouvoir enfin accompagner ses frères à leurs occupations de la journée. Dès le début, elle se fit peu d’amis. Mis à part les trois jeunes hommes qui régnaient dans sa vie, elle n’était que très moyennement intéressée par les autres. Elle préférait rester tranquille, sage, dans son coin, en attendant le moment où Haru viendrait la chercher. Elle rendait d’ailleurs les autres filles de sa classe jalouse d’avoir de si beaux garçons pour l’emmener et venir la chercher. La vie suivait son cours, et chaque jour semblait une nouvelle aventure. Parfois, les jours où elle n’avait pas cours, Kaede fuyait ses tâches ménagères pour aller espionner son plus grand frère, qu’elle voyait moins, vu qu’il était au collège, et son camarade, l’héritier de la famille. Secrètement, elle rêvait parfois d’être invitée avec eux quand elle les voyait jouer, et elle jalousait ce garçon qui s’accaparait son frère. Généralement, Haru venait la chercher et la grondait pendant des heures pour avoir fui sa part de travail et surtout s’être rendue dans des endroits qu’on lui interdisait. Mais plus on lui disait de ne pas le faire, plus elle le faisait. Déjà à cette époque, elle aimait les règlements surtout pour le goût du risque, l’adrénaline qui parcourait ses veines quand elle en violait les règles, au grand dam de ses frères. A leurs yeux, elle était une petite fille, pure, et qui le resterait toujours. Et pourtant. C’est elle la première, un jour qu’elle rentrait seule de l’école, âgée de presque 9 ans, qui découvrit la nouvelle. Elle avait trouvé un journal qui trainait. En tentant de décrypter les gros titres, elle sut que l’impensable s’était produit.



    Ce fut la seule à ne pas s’émouvoir de cette nouvelle. Même Hiro, qui ne parlait presque plus à ses frères et à peine plus à sa sœur, pleura en apprenant la nouvelle. Mais à aucun moment, Kaede ne se sentit touchée par cette triste perte. Elle avait déjà des avis très tranchés sur les gens et sur les événements qui l’entouraient. L’abandon de son père, avant même qu’il ne vende ses propres enfants, faisait qu’il n’avait jamais eu de place dans son cœur. Un rite funéraire fut organisé par le Kumicho de la famille, auquel elle refusa de prendre part. Elle trouvait ridicule la souffrance de ses frères, d’autant plus que la cérémonie n’était qu’une mascarade à ses yeux. Elle soupçonnait ledit Kumicho d’avoir assassiné l’homme, pour être sûr qu’il ne vienne jamais réclamer ses enfants, sans doute. Après cet événement, il fallut plusieurs jours avant que ses frères pardonnent à la jeune fille son affront, et de longs mois avant que l’incident ne sorte des mémoires, remplacé par un autre incident, bien plus grave.




    Aujourd’hui était le jour d’anniversaire du futur Kumicho. Il fêtait ses 14 ans. Tout le monde dans la famille était en émoi, il était devenu un jeune garçon, beau et fort, désireux de faire ses preuves. Déjà, il pensait que le monde lui appartenait. Tetsuya, puisque c’était ainsi qu’il s’appelait, avait obtenu du Shatei le droit de l’accompagner faire une ronde dans chacun des night club de la famille. Il en était très fier. Autour de lui, tout le monde tentait de rentrer dans ses bonnes grâces, pour créer des alliances qui leur seraient utiles plus tard. C’est ainsi que Hiro et lui firent un pacte de frères de sang, ce jour-là. De ce fait, ce dernier prouvait qu’il avait coupé tout lien avec sa vraie famille de sang et faisait complètement partie de sa nouvelle famille d’adoption. Il était promis à un avenir brillant, dans le système juridique, peut-être même à son sommet… Mais il ne se doutait pas de ce qui allait se passer. Ce jour-là, Kaede avait eu le droit de ne pas aller à l’école. Il faisait beau et les températures étaient encore agréables. Aussi avait-elle décidé, une fois ses travaux finis, de profiter de la clémence de la météo pour aller se baigner dans un petit point d’eau pas très loin. Elle devait être rentrée avant la tombée du jour. Elle avait l’habitude de s’enfuir là-bas depuis qu’elle avait intégré la famille de Yakuza, et les horaires de retour avait toujours été les mêmes. Quand le soleil partait se coucher et la lune les berçait de sa lumière, les frères et sœurs pouvaient se réunir et s’offrir leur chaleur respective pour réchauffer le cœur des autres. Mais pour l’occasion, elle savait que son frère aîné ne rentrerait sans doute pas, obligé d’accompagner son protégé dans sa ronde. Haru devrait sans doute s’occuper, comme de plus en plus souvent, du deuxième fils de la famille, âgé de 5 ans, et qui refusait tout le monde à part le frère de la demoiselle, ce dont elle était, bien sûr, très jalouse. Aussi décida-t-elle de trainer dans son petit coin de paradis, bien plus que de raison. Mis à part son frère, personne ne savait où elle était. L’eau était bonne, et elle y resta bien après la tombée de la nuit. Elle s’allongea ensuite sur l’herbe pour sécher avant de remettre ses habits, s’étant baignée entièrement nue. Sauf qu’elle s’endormit et les douze coups de minuit avait été sonnés depuis longtemps quand elle se réveilla.

    Kaede no Nikki – 2001 10/14 a écrit:
    Je ne l’avais pas vu. Il était assis en tailleur à quelques mètres de moi, et quand je me suis assise, je ne l’ai d’abord pas vu. Puis, en cherchant à tâtons mes vêtements, j’ai remarqué ses yeux qui luisaient dans le noir, plein de perversion que je ne comprenais pas. Mes yeux s’habituant à la lumière de la lune, j’ai remarqué qu’il avait décalé mes vêtements, loin derrière lui. Je ne savais pas ce qui se passait, mais je n’aimais pas ça. Il était très rare que Tetsuya laisse mon frère tranquille, sauf quand il dormait. Alors le voir sans la présence rassurante d’Ichirou avait quelque chose d’effrayant. Surtout qu’il ne m’avait jamais réellement remarquée. Et j’aurais sans doute préféré qu’il continue. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas, me recroquevillant pour cacher ma nudité. C’était la première fois que j’étais gênée d’être nue devant quelqu’un, mais je n’aimais vraiment pas la façon dont il me couvrait du regard. Surtout qu’il semblait décidé à ne pas me répondre. Je lui ai demandé mes vêtements, sans plus de succès. Au bout de quelques minutes, il m’a dit de venir dans ses bras. Qu’il serait doux, que j’aimerai ça, que c’était dans mon sang. Je n’ai pas bougé. J’avais de plus en plus peur. Il s’est approché, a pris ma main et m’a tiré contre lui. Je ne pouvais pas résister. Toutes mes forces, déjà bien maigres, semblaient m’avoir abandonnée. Il me garda contre lui longtemps, mais ce n’était pas désagréable. J’étais dans ses bras et un sentiment de chaleur envahissait ma poitrine, au point de me faire mal. Quand il déposa ses lèvres sur les miennes, j’ai d’abord reculé, surprise. C’était la première fois que j’embrassais quelqu’un. Puis il a recommencé et je n’ai pas bougé. Il a glissé sa langue dans ma bouche. Sans comprendre réellement ce qui se passait, je sentais inconsciemment que c’était un peu un rite de passage à l’âge adulte, et que Tetsuya ne savait pas beaucoup plus que moi ce qu’il faisait. Et puis je sentais contre moi son sexe se durcir. Il perdit toute sa douceur par la suite. Tetsuya était connu pour être très lunatique et passé de la joie à la colère en quelques secondes. Et ses crises de colère étaient craintes de tous. Il m’a attrapée par les cheveux et m’a allongée par terre, ignorant mes larmes et mes suppliques. Il a commencé à se déshabiller. Et, sans doute parce qu’il l’avait vu faire le jour même, il a mis son sexe dans ma bouche, bougeant tout seul, au point que j’ai cru vomir plusieurs fois. Par la suite, il recula, me laissant respirant, s’acharnant sur ma maigre poitrine. Je ne comprenais pas mais je n’aimais pas et les larmes coulaient le long de mes yeux. J’avais envie de crier mais j’avais trop peur des représailles. Il rentra ensuite son sexe dans le mien, m’arrachant un unique cri de douleur. Puis, comme quand on voit enfin la lumière au bout d’un très long tunnel très sombre, j’entendis la voix de Haru. J’ai crié, puis j’ai vu enfin le visage d’Ichirou. Et je suis tombée dans les pommes. Quand je me suis réveillée, Tetsuya avait disparu.

    Quelques dizaines de minutes plus tôt, quand Tetsuya avait libéré son chien, ce dernier s’était directement rendu dans sa chambre commune avec ses deux frères. Normalement, sa sœur était aussi là. Il s’était inquiété de son absence, et Haru lui avait dit qu’elle devait encore être en train de se baigner. Un frisson avait parcouru l’échine d’Ichirou. Quand il l’avait laissé, le fils de la famille se dirigeait dans cette direction. Et même si jamais leur sœur n’avait été embêtée dans son havre de paix, le regard qu’ils échangèrent était plein d’appréhension. L’aîné n’avait pas aimé la façon dont Tetsuya avait perçu le sexe lors de la visite des Night Club de sa famille. Et le savoir plus ou moins près de sa sœur, alors qu’on lui avait refusé le droit aux plaisirs des autres ne le rassurait pas. Ainsi, les deux frères ne tardèrent pas à se lancer à la recherche de leur cadette. Quand ils entendirent le cri de douleur de Kaede, ils étaient presque sur place. Haru cria son nom, la cherchant du regard. Mais le plus grand de la famille l’avait déjà repérée. Quand Tetsuya les vit, il commença à s’énerver, leur disant de déguerpir et les menaçant de mort s’ils disaient quoi que ce soit. Mais Ichirou lui décolla un premier coup de poing. Il continua de le battre, avant de l’étrangler, sachant que lui vivant, ils étaient tous en danger. Haru, quand à lui, s’occupa de couvrir un peu sa sœur, essuyer les larmes qui avaient coulées de ses yeux, sachant que lui aussi était en train de pleurer à l’innocence définitivement perdue de sa petite sœur. Par la suite, le corps de l'ancien futur chef de famille fut jeté dans l’étang, lesté de nombreuses pierres. Il fut décidé qu’Haru et Kaede fuiraient loin d’ici pour retrouver la liberté. Ichirou resterait. Ce qu’ignoraient ses cadets, c’est qu’il comptait se dénoncer pour le meurtre du jeune homme et dire qu’il avait aidé les deux autres à s’échapper. Sa sanction, il le savait, serait terrible, mais permettrait de gagner du temps. Pour la suite, il ne pouvait qu’espérer que tout se passerait bien. Et c’est ainsi qu’il fut fait.




    Quand Kaede ouvrit les yeux, elle était entourée de ses deux frères. Son bourreau avait disparu, et si elle n’avait pas eu si mal, elle se serait presque demandée si elle n’avait pas juste rêvé. Mais son corps portait encore les marques de ce qui venait de se passer. Il lui fallu plusieurs minutes avant d’être apte à bouger, le temps de sortir de sa torpeur. Puis elle s’habilla. Quelque chose était en train de changer en elle, elle le sentait. Mais l’urgence de ses frères l’empêchait de réfléchir. Ils la pressaient, l’entrainant vers les bâtiments dans lesquels ils avaient grandi. Une fois dans leur chambre, elle laissa Haru s’occuper de préparer son sac. Puis il lui prit la main, et avec l’aide d’Ichirou, ils s’enfuirent. Elle était dans un état second, incapable de réellement se rendre compte de ce qu’il se passait. Elle ne reprit conscience réellement qu’une fois dans le Shinkansen, en direction de Tôkyô. C’était la première fois qu’elle quittait Ôsaka, et l’immense ville qu’elle voyait se dessiner au loin lui faisait un peu peur. Quand ils arrivèrent à la gare du terminus, elle se contenta de se laisser guider par son frère. Elle ne savait pas ce qu’il était arrivé à Tetsuya, mais elle sentait que s’ils devaient fuir aussi loin, ce n’était pas bon signe. Surtout qu’Ichirou était resté à Ôsaka. Sur le quai, il l’avait serrée dans ses bras en pleurant. Ses yeux à elle demeuraient désespérément secs. Elle se décida à demander à son frère où ils allaient. Chez leurs grands-parents, fut la seule chose qu’elle parvint à lui tirer. Elle se contenta donc de le suivre dans la nuit, consciente que le lendemain matin, plus rien ne serait pareil. Ils arrivèrent chez lesdits grands-parents. Son frère avait conservé une carte postale avec leur adresse au dos, et en demandant à des passants, ils avaient fini par trouver l’immense immeuble. Ils s’endormirent sur le pas de la porte, attendant le matin pour les réveiller. Le lendemain, cependant, les grands-parents refusèrent de les accueillir. Ils n’étaient personne. Haru et Kaede décidèrent donc de squatter un vieil immeuble désaffecté qu’ils avaient vu durant leur voyage, dans un vieux quartier mal famé. Ils s’y installèrent, le partageant avec d’autres enfants abandonnés. On leur chercha des noises. Ils se défendirent tant bien que mal. Leur nouvelle vie allait pouvoir commencer. Et le sourire sur les lèvres de la jeune fille avait d’ores et déjà fané. Leur première nuit dans cet immeuble, elle interrogea son frère sur ce qu’il s’était passé. Il lui répondit. Elle ne dit rien, se contenta de hocher la tête et le sujet fut clos. Elle avait l’impression de couper une à une les chaînes qui l’avaient emprisonnée. Bientôt, elle le sentait, elle serait entièrement libre et pourrait se tenir droite et fière. Bien que pour le moment, son cœur fût en deuil, elle refusait de s’attarder dans la tristesse et la douleur. Elle s’accorda une nuit pour cicatriser toutes ses peines avant de sceller son passé au loin. Le lendemain, elle devrait trouver une nouvelle école. Se battre pour survivre. Le futur était loin d’être lumineux mais il était le sien et elle comptait bien le vivre. Elle avait décidé de vivre pour elle, par elle et en ne comptant que sur elle. Bien que son frère soit toujours à ses côtés pour le moment, elle refusait de se reposer sur lui et de rester une enfant. Elle créerait son monde de liberté.




    Une routine ne tarda pas à s’installer sur les deux derniers de la famille Nakajima. La journée, ils allaient en cours. Ils n’avaient eu aucun mal à obtenir leur transfert dans une école public proche des bâtiments désaffectés qu’ils squattaient avec les autres enfants abandonnés. On les appelait les « Stray Cats », les chats errants. Et c’est ce qu’ils étaient. Quand la nuit venait les envelopper de son manteau de velours, ils volaient un peu de nourriture à droite à gauche. Ils étaient habitués à ne faire qu’un repas par jour, quand ils avaient de la chance. Ils partaient à trois, plus ou moins jeunes, et tournaient tous les jours. Il y avait une bonne ambiance. Ils étaient une bonne quinzaine dans le groupe qu’avaient rejoint Kaede et Haru. Elle était la seule fille, mais refusait de bénéficier de tout traitement de faveur. Au contraire, elle allait deux fois plus souvent que les autres chercher de la nourriture. Qui eut pu deviner que derrière son joli petit minois se cachait un petit démon. Elle apprenait des autres à se défendre et à se battre. En effet, pour garder leur squat, ils devaient empêcher d’autres enfants ou adolescents de les déloger. C’est ainsi que la jeune fille découvrit sa nouvelle famille. La vie n’était pas toujours rose, mais ils prenaient soin les uns des autres, et elle était heureuse, libre. Elle aimait courir dans les rues, son maigre butin dans son sac de cours. Il est vrai qu’ils n’avaient pas beaucoup d’intimité, mais personne ne venait empiéter sur le territoire de la seule fille, qui avec le temps, était devenue aussi forte que chacun d’entre eux, et défendait son espace privé très chèrement. Elle ne craignait pas les hommes, mais les connaissait et savait s’en protéger. Bien que ceux avec qui elle était ne lui aient jamais voulu de mal, il était déjà arrivé pendant ses excursions nocturnes solitaires que certains tentent ce que Tetsuya lui avait enseigné. Mais elle refusait de se laisser toucher. A la manière des chats sauvages, elle se hérissait avant de combattre. Elle aimait se bagarrer, que ce soit avec les garçons de son groupe, ou ceux des autres groupes, mais elle détestait devoir se battre sérieusement. Elle préférait en faire un jeu. Pour en revenir à ses cours, bien qu’elle fût loin de faire partie des meilleurs de sa classe, elle était assidue et studieuse, jugeant la journée comme une pause. Les autres de sa bande n’étaient pas tous dans le même collège, certains étaient même au lycée. Bien qu’elle ne fut pas la plus jeune, pourtant, ils avaient tous tendance à la traiter comme telle quand elle se mettait à travailler ses cours le soir. La vérité était qu’elle voulait être diplômée correctement, en souvenir de sa mère et de son frère qui s’étaient battus pour elle, elle voulait les rendre fiers. C’était la seule chose qu’elle pouvait leur offrir. Même si elle ne comptait pas se lancer dans de grandes études, obtenir son diplôme du lycée. Et quand elle avait un but, elle savait se donner les moyens de l’effectuer. C’est ainsi que la vie suivit son cours, tranquille, et sans anicroches. Jusqu’au jour où…




    Jusqu’au jour où il fut temps pour la jeune fille de prendre son envol. Kaede pensait depuis longtemps à partir, vivre seule. Elle avait des besoins différents de ceux de son groupe. Elle voulait vivre, libre et indépendante. Elle annonça sa décision à son groupe par une nuit pluvieuse. Les températures étaient douces pour la saison. Elle venait d’être diplômée du collège. Elle avait un an d’avance, étant rentrée un an plus tôt au collège sans finir l’école primaire, après son déménagement forcé à Tôkyô. Elle avait soif de liberté et voulait tester ses limites. Courageuse et fière, elle partit sans regarder en arrière, après une brève séance d’au revoir. Elle avait promis de revenir. Elle savait qu’elle ne le ferait pas. Son frère était tombé amoureux d’une fille avec laquelle il comptait se marier. Elle savait qu’il n’avait plus le temps de s’occuper d’elle, et elle ne comptait pas devenir un poids pour lui. Elle s’autorisa à pleurer une fois loin de son ancien refuge. Ses larmes se mêlaient à la pluie. Elle pleurait son enfance définitivement envolée. Elle pleurait à ceux qu’elle avait aimés mais qu’elle avait décidée de ne plus revoir. Elle voulait grandir, et ce petit bout de Neverland qu’ils avaient construit l’oppressait. Sans partir de Tôkyô pour autant, elle s’installa dans d’autres quartiers, bougeant régulièrement pendant ses grandes vacances. Elle fixa son choix pour son nouveau domicile peu avant la rentrée, et passa les concours pour un lycée auxquels elle obtint de très bons résultats. Elle squattait désormais une vieille maison abandonnée en bord de mer. La nuit, elle allait souvent se baigner dans une crique proche. Son lycée était à deux kilomètres, qu’elle parcourait à pied tous les jours. Elle aimait son isolement et sa nouvelle demeure. Elle était à un quart d’heure de la civilisation à pied, mais cela lui plaisait. Quand elle avait besoin de quelque chose, elle allait en ville, continuant de voler sur les étalages des marchés de quoi se nourrir. Son nouveau lycée, bien que petit, lui plaisait aussi. Elle était toujours seule, mais elle chérissait sa solitude comme un présent sans prix. Elle travaillait bien et obtenait de bonnes notes, meilleures que l’époque où elle vivait avec son ancien groupe. Et bien que certaines nuits plus froides que d’autres, il lui arrivait de se remémorer les bons moments, les éclats de rire, et de se sentir triste, la plupart du temps, elle ne pensait à rien d’autre qu’au présent. Elle faisait partie de ses gens qui vivent au jour le jour et en sont très heureux. Créature nocturne, elle ne dormait que très peu et avait ainsi tout le temps, la nuit, de s’adonner à sa passion de toujours, le chant. Elle avait conscience de ne pas avoir une voix magnifique, mais en travaillant bien, peut-être réussirait-elle un jour à faire entendre sa voix et la faire aimer. C’était du moins un des petits bouts de rêves d’avenir qu’elle commençait à construire, faisant semblant de ne pas y penser pour ne pas aller à l’encontre de ses principes.




    Kaede vit l’hiver et le printemps se terminer et son année scolaire avancer sans grandes difficultés. Elle était heureuse de son mode de vie. Mais voler commençait à la lasser. Elle voulait gagner de l’argent, son argent qu’elle dépenserait. D’autant plus que mis à part un peu de nourriture, elle ne parvenait pas à voler grand-chose, par peur de se faire prendre. Elle savait que c’était la seule chose qu’il fallait absolument éviter. Surtout qu’elle n’aurait personne pour l’aider si ses craintes venaient à se réaliser. Elle essaya de travailler honnêtement, mais à cet âge là, tout lui était interdit, et le seul petit boulot qu’elle avait réussi à trouver, son professeur principal en avait eu vent et l’avait dénoncée. Elle eut l’idée de ce qui lui permettrait de gagner sa vie au début de l’été suivant son installation. Elle trainait dans le centre de son quartier, comme à son habitude, de nuit. Parfois elle rencontrait des jeunes d’environ son âge. Souvent, ils passaient une bonne soirée tous ensemble. Il arrivait qu’elle doive se battre pour défendre sa chasteté. Mais peu lui importait, chaque jour était différent et amusant. Ce soir-là, un homme d’une quarantaine d’années vint la voir et passa son bras autour de son épaule. Il puait l’alcool. Il lui demanda combien elle prenait. Sur le coup, elle ne comprit pas. Il fallut que l’homme tente de toucher ses seins pour qu’elle saisisse ce que l’homme voulait. Elle avait déjà vu des cas similaires en se baladant. Au lieu de repousser la main, comme elle l’aurait fait habituellement, elle réfléchit rapidement à une somme. Il paierait le Love Hotel aussi. Ainsi fut conclut l’entente. Plus tard, comptant ses billets, elle se sentit d’abord sale. Puis, en y repensant, elle décida que ça n’avait rien de dégradant. Elle gagnerait sa vie, comme tout le monde. Après tout, il fallait bien de tout pour faire un monde. Par la suite, elle revint à cet endroit, comprenant que c’était généralement là que venait les hommes en manque d’amour, mais en ajustant ses tarifs. Il lui arrivait aussi pour ses habitués de faire un peu d’escorte, bien qu’elle prenne un peu plus cher. Généralement, cela lui permettait aussi de manger dans un restaurant cher. Elle prenait goût à sa nouvelle vie, sans prendre goût au sexe pour autant. Mais au moins put-elle, six mois plus tard, déménager de sa vieille maison abandonnée, sans l’électricité ni l’eau courante, pour un joli petit appartement en centre ville. L’un de ses clients l’aida et signa les papiers pour elle. Elle l’aménagea selon ses goûts. Elle avait l’impression d’avoir enfin atteint son rêve de liberté. Elle était indépendante, complètement. Elle allait toujours en cours, travaillant autant que possible, sans se mêler aux autres élèves. Parfois, certains tentèrent de la bizuter, mais bien qu’elle ait arrêté de se battre, elle savait toujours se défendre quand le besoin s’en faisait sentir, et obtint une paix royale de la sorte. Il arriva aussi que certains clients tentent de partir sans payer. L’art des rues lui était utile dans ces cas-là. Non seulement elle délestait le portefeuille dudit homme pendant l’acte, mais l’obligeait à payer par la suite. La vie suivait son cours et elle était heureuse, heureuse de son premier véritable chez elle, heureuse de la vie qu’elle menait. Rien n’aurait pu la déranger, et le temps filait, la rendant plus belle encore au fur et à mesure qu’elle vieillissait, plus féminine aussi. Elle avait l’impression que la vie pourrait continuer ainsi pour toujours, et que son compte en banque serait toujours fleurissant. Même si elle ne dépensait pas, préférant mettre de côté, sans doute à cause de l’habitude de manquer de tout.




    Kaede était installée depuis à peine un an dans son petit appartement. La vie suivait son cours, les affaires florissaient, mais le destin décida qu’il était temps pour elle de bouger. Un jour, en allant à l’école, elle vit l’un de ses habitués. Il venait d’être transféré dans son lycée en tant que professeur. La vie devint plus compliquée pour elle. Elle voulait rester anonyme et ne donnait jamais son âge au travail. Elle paraissait plus vieille et personne ne l’avait jamais embêtée. Mais elle avait déjà remarqué que ce client appréciait peu ce qu’elle faisait, quand il ne s’agissait pas de lui. Ce fut pire quand il découvrit son âge. A chaque moment où il parvenait à la voir seule, il lui disait d’arrêter, il allait jusqu’à la menacer. C’est à cette période là qu’elle reçut la lettre. Bien que ce fût l’un de ses habitués qui avait signé les papiers, l’appartement n’en restait pas moins à son nom. Et un soir, en rentrant de cours, elle découvrit une enveloppe. Au dos, il n’y avait aucun envoyeur. La lettre était cachetée d’Ôsaka. Il lui fallut plusieurs heures avant de se décider à l’ouvrir. A l’intérieur, une lettre de son plus jeune frère, Hiro. Il lui demandait comment elle allait. Si elle ne voulait pas revenir dans leur ville natale. Il avait à lui parler, mais ne pouvait en partir. Il lui demandait des nouvelles d’Haru aussi. A aucun moment, il ne mentionna le nom de leur frère plus âgé. Intriguée plus qu’inquiète, elle décida de partir à Ôsaka. Une chose en entrainant une autre, elle décida aussi qu’elle ne reviendrait plus à Tôkyô. Les choses s’étaient compliquées, et elle voulait vivre sans complications. Elle loua donc une équipe de déménageurs, prit un petit appartement sur Ôsaka, dans un quartier vivant au rythme de la nuit, et fit ses adieux à Tôkyô au petit matin de la veille de Noël. Elle avait reçu la lettre deux semaines plus tôt et n’y avait pas répondu. Elle attendit d’être bien installée avant d’y répondre. Trois jours plus tard, elle avait rendez-vous avec son frère dans un petit bar. Elle lui avait donné son numéro et son adresse mail, jugeant que ce serait plus simple pour communiquer. Ils se reconnurent instantanément. Le temps les avait vus évoluer, mais leurs yeux n’avaient pas changé. Il fallut un peu de temps avant que l’atmosphère ne soit suffisamment détendue pour qu’ils abordent les sujets qui fâchent. Il lui demanda ce qui s’était passé cinq ans plus tôt. Elle lui raconta. L’incident, la vie à Tôkyô, la séparation entre Haru et elle. Un peu de sa vie d’après. Elle ne voulait pas trop parler de son métier, sachant qu’il risquait de ne pas comprendre. Puis elle lui demanda comment s’était passées ces cinq dernières années pour lui et Ichirou. Il lui expliqua qu’Ichirou avant inventé un mensonge, disant que Tetsuya l’avait laissé seul, et qu’il ne l’avait pas revu après cela. Pour ce qui est des deux absents, il dit que leurs grands-parents leur avaient écrits et que les deux avaient dû vouloir aller les voir, et se perdre en cours de route. L’histoire était passée et maintenant, l’aîné de la famille servait le deuxième fils en tant que garde du corps. Quant à Hiro, il travaillait dur. Il voulait intégrer une fac de droit. Plus tard, prendre la position de juriste au sein de la famille. Ils se séparèrent en se promettant de se revoir régulièrement. Mais l’un comme l’autre savaient que ce ne serait sans doute pas le cas.




    Il fallut quelques semaines à Kaede afin de retrouver ses repères, les bons endroits pour trouver des clients, se refaire un cercle d’habitués. Elle correspondait avec son frère plus régulièrement qu’elle ne l’aurait cru. Ils se voyaient une fois de temps, allaient boire un verre ensemble et parlaient de tout ou de rien. Elle revit même une fois son grand frère par hasard, un soir. Il devait sans doute surveiller le réseau de la famille de Yakusa. Elle fit en sorte qu’il ne la voit pas, c’était son lieu de travail et elle ne tenait pas à ce que ses frères sachent d’où venait son argent. Son nouveau lycée ne lui plaisait pas spécialement, mais elle s’en fichait. Elle s’imposa directement, dès que les filles tentèrent de la bizuter. Quand elle retrouva son bureau tagué, elle fit en sorte de se faire respecter. Sous ses dehors de fille sage et solitaire, elle gardait en elle un caractère bien trempé et elle refusait de se faire marcher sur les pieds. Ainsi, petit à petit, elle finit par adopter complètement sa nouvelle ville. Il lui arrivait, de nuit, de trainer avec une bande d’adolescents de son âge, mais elle ne s’y attacha pas particulièrement. Elle ne parvenait pas à se lier aux gens, et c’était sans doute mieux. La vie reprit son cours, et elle finit par découvrir qu’elle se sentait mieux à Ôsaka qu’à Tôkyô. Un peu comme une maison spirituelle, la ville était faite à son image. Du moins les bas quartiers, les commerces nocturnes. Déchéance, luxure, violence. C’était son quotidien, qu’elle aimait à sa juste valeur. Son compte continuait de fleurir et elle décida qu’à ses 18 ans, elle se prendrait un appartement plus grand, quand elle serait considérée légalement assez grande pour vivre de façon autonome. Elle continuait ses entrainements de chants, seule dans le silence de son nid. Elle avait décidé qu’elle commencerait à travailler dans des bars en tant que chanteuse si elle en avait la possibilité. Elle était heureuse, heureuse d’être rentrée, heureuse de sa vie actuelle. Elle avait l’impression de ne pas voir s’écouler le temps et rien ne parvenait à altérer son moral, pas même son métier, qui les premières fois, l’avait dégoûtée. Non pas qu’elle aimait spécialement les relations sexuelles qu’elle avait avec ses clients, mais elle rencontrait généralement des gens biens et il suffisait de fermer les yeux pendant et de simuler pour que les choses se finissent plus vite. Sur Ôsaka aussi, elle réussit à se refaire un cercle d’habitués pour lesquels elle faisait un peu d’escorte. Elle se refusait aux relations amoureuses à cause de cela, elle ne voulait pas avoir l’impression de travailler dans les moments où elle était censée se détendre et se reposer. Et puis elle était mieux seule. Elle eut deux ou trois aventures, qui ne durèrent jamais bien longtemps. C’était plus un accord mutuel entre elle et son cœur. Pas de sentiments, pas de relations sérieuses, et les choses ne pourraient que se passer mieux. Mais même à tout cœur de pierre, il arrive de craquer. Et sans doute lui arriverait-il aussi cette chose étrange que l’on appelle l’amour. Du moins elle y pensait parfois, de loin et peu envieuse des couples amoureux. Elle était loin de se douter que les choses arriveraient bien plus vite que ce qu’elle pensait.


Dernière édition par Nakajima Kaede le Mer 15 Juin - 11:21, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Jeu 9 Juin - 20:42

    Story »



    Maintenant que Kaede avait 18 ans, elle avait déménagé dans son premier appartement rien qu’à elle. Elle avait pu signer ses papiers sans problèmes. Elle habitait désormais dans un quartier de résidences, entourée de gens normaux. Elle se mêlait à leur masse la journée, allait au lycée, dont elle serait bientôt diplômée. Outre son travail habituel, elle avait dégoté un petit boulot dans un host club en tant que chanteuse. Elle n’y travaillait pas pour l’argent, mais parce qu’enfin, elle pouvait chanter en public. Elle savait bien qu’on ne l’écoutait pas forcément, mais elle était entendue, et c’était tout ce qui comptait pour elle. Et puis, il y avait un jeune homme, en particulier. Elle avait fait plusieurs soirées d’essai avant ses 18 ans. Il avait toujours été là, à la regarder fixement, sans sembler prêter attention à la femme qui tentait de le divertir et d’attirer son attention. Et depuis le jour de son anniversaire, date du début officiel de son contrat, elle ne parvenait pas à détacher ses yeux de lui, pendant les trois heures, avec pause, qu’elle passait sur la petite scène. Il l’intriguait, elle ne pouvait dire le contraire, et plus que cela, elle avait envie de le connaitre. Elle se sentait gênée sous son regard insistant et c’était la première fois qu’elle surprenait ses joues à rougir. Ce fut le quatrième soir officiel qu’elle chantait, après sa prestation, qu’il se décida à l’aborder. Il l’avait demandée au patron, prêt, disait-il, à payer bien plus cher. Elle avait d’abord refusé, elle ne travaillait pas en tant qu’host, mais avait fini par accepter. Au début, ils n’avaient rien dit. Puis il avait parlé, longtemps, de lui, de la vie. Elle s’était contentée de l’écouter sans vraiment l’entendre, perdue dans les méandres d’un sentiment naissant qu’elle ne connaissait pas et ne pouvait analyser. A la fermeture du club, le jeune homme lui proposa d’aller boire un verre ailleurs. Il connaissait un petit bar sympathique qui devait être encore ouvert. Elle accepta. Elle l’aurait suivi, juste pour rester un peu plus longtemps avec lui. Il s’appelait Nagano Kazuya. Mais il la priait de l’appeler par son prénom. Elle avait toujours eu l’habitude de s’adresser aux gens qui l’entouraient par leur prénom, mais pour lui, rien que d’y penser la rendait fébrile. Et quand il murmurait son prénom, elle se sentait étrange, des picotements parcourant sa poitrine sans qu’elle en comprenne le sens. Ce soir-là, pour la première fois, elle fut refusée par un homme. Elle pensait ressentir uniquement de l’attirance physique, plus forte que ses précédentes relations. Il refusa de coucher avec elle, et la raccompagna chez elle avant de l’embrasser. Pour elle ne savait quelle raison, elle était heureuse. Elle avait cru défaillir de douleur quand il l’avait repoussée mais ce baiser la transperça d'une joie sauvage. En se séparant, elle le regarda et sans savoir qu’on n’était pas censé le dire de cette façon, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait, et sans même saisir ce qu’elle disait, elle lui dit les deux mots magiques. « Suki desu. » Ceux là même qu’elle ne pensait jamais dire. Il lui répondit uniquement que lui aussi. Puis partit. Sans prendre son numéro ni son mail. Elle ne pensa pas à les lui donner. Lui non plus. Il découvrait comme elle le véritable sens du mot aimer.




    Si Kaede avait décidé de se mettre à travailler comme tout le monde, elle n’avait jamais pensé à arrêter sa véritable source de revenue. Et pourtant au fur et à mesure que passaient les jours aux côtés de son petit ami, elle se surprit plusieurs fois à y penser. Elle sentait la différence entre les nuits avec l’élu de son cœur et ses clients au plus profond de son âme. Et elle voulait se rendre digne de ce dernier. Bien qu’elle lui ait caché ses à-côtés, elle se doutait qu’il soupçonnait quelque chose. Elle ne parlait que très peu de son passé, mais il voulait tout savoir d’elle, et parfois, elle lui donnait des éléments de réponse. Mais si elle vivait seule depuis ses 14 ans, comment avait-elle fait pour payer ce dont elle avait besoin ? Et le loyer de son appartement, de ceux qu’elle avait eu avant ? Ses frères l’avaient-ils aidée ? Non, bien sûr. Elle fuyait les véritables questions. Elle voyait encore un peu son frère et un jour, elle décida de s’en ouvrir à lui. Il avait deviné les activités nocturnes de sa sœur depuis longtemps, mais les entendre confirmées lui fit mal. Cependant, il passa outre. Il avait beau ne pas être l’aîné et ne pas avoir été le plus présent de ses frères durant leur enfance, il aimait sa sœur. Il lui conseilla d’arrêter. Mais il fut d’autant plus surpris quand il en découvrit la raison. Savoir sa sœur amoureuse lui faisait peur, il ne voulait la voir souffrir pour rien au monde. Elle lui promit de lui présenter son petit ami plus tard. Cette nuit-là, elle réfléchit beaucoup. Le lendemain soir, elle ne travaillait pas. Elle en profita pour s’éclipser. Elle se rendit à l’endroit où elle avait l’habitude de voir ses clients, et quelques consœurs. Elle se dirigea vers l’une d’elle, ce que l’on pourrait le plus appeler une amie dans ses relations. Elle lui expliqua qu’elle comptait arrêter et de faire passer le message. Elle continuerait uniquement pour quelques uns de ses habitués, avec lesquels elle avait développé un lien plus fort que les autres, et de façon occasionnelle. Puis elle repartit pour rejoindre Kazuya. Elle était heureuse à ses côtés et bien que jamais elle ne lui dirait ce qu’elle avait fait de son corps auparavant, elle sut que ce qu’elle avait fait était le bon choix. Elle remercia son frère et présenta, lors d’un repas au restaurant, ses deux frères à son chéri. Elle avait repris contact récemment avec le troisième de ses frères, celui habitant toujours à Tôkyô. Il y eut d’autres repas, dont un avec lui, sa femme et leur fils. Ils s’étaient bel et bien mariés et vivaient heureux, lui travaillant et elle s’occupant de leur enfant. Les retrouvailles furent chaleureuses. De voir ses trois frères devant elle évoqua un profond sentiment de nostalgie à la demoiselle qui pourtant n’en laissa rien paraître. Elle commençait juste à prendre conscience d’à quel point ils lui avaient manqué. Mais elle savait aussi que le chemin qu’elle avait suivi jusque là avait été le bon, et lui avait permis d’atteindre un mode de pensée qu’elle n’aurait pu qu’effleurer si elle n’avait pas pris son envol. Et maintenant, elle avait quelqu’un, elle aussi, avec qui partager sa vie, ses faiblesses, ses forces, ses peurs. Bien que sa fierté rendait parfois les choses difficiles. A deux, rien n’est impossible.




    La roue tourne. C’est du moins ce que croyait Kaede depuis sa plus tendre enfance, bercée d’illusions et de rêves. En grandissant, elle avait perdu les illusions et les rêves. Mais pas cette croyance. Tout se paye, comme dit l’adage. Et enfin, la roue de son destin avait tourné. Elle était aimée, entourée de sa famille, de l’homme qu’elle aimait. Elle avait sa liberté qu’elle avait toujours voulue et ardemment désirée. Et rien n’aurait pu la faire revenir sur terre. Elle avait l’impression de vivre un rêve haut en couleurs. Elle cumulait plusieurs petits boulots pour payer son loyer, se refusant à toucher à l’argent qu’elle avait mis de côté. Son appartement étant assez grand pour accueillir deux personnes, Kazuya ne tarda pas à déménager avec elle. Il était à l’université et se battait pour qu’elle décide d’y entrer aussi. Mais elle refusa, et après sa graduation, elle put se mettre à travailler de jour, gardant ses nuits pour son travail dans le host club où elle chantait toujours, et pour son chéri aussi bien sûr. Les quelques années qu’il avait de plus qu’elle ne les dérangeaient pas, et ils coulaient un parfait bonheur, vivant sur leur nuage. Régulièrement, ils voyaient les frères de la demoiselle. Lui n’avait plus de famille. Mais son meilleur ami lui tenait lieu de frère de cœur et il la présenta à ce jeune homme, avec lequel elle se lia d’amitié. Elle était surprise d’être capable de se faire des amis, des gens avec lesquels elle partageait bien plus que ce qu’elle avait pu partager avec les différentes bandes avec lesquels elle avait trainé. Kazuya et elle fêtèrent leur un an ensemble quelques temps plus tard. Elle travaillait ce soir là, et à la fin de son service, elle le rejoint chez eux, loin de se douter qu’il avait invité les gens qui leur étaient proches pour fêter cet événement avec eux. Il annonça son intention de l’épouser dans un an jour pour jour. Chose qu’elle accepta, et ils furent déclarés fiancés. Les choses commencèrent à se dégrader quand le jeune homme fut diplômé de son université. Il ne parvint pas à trouver du travail et commença à devenir incontrôlable. Il se mit à boire. Au début, ce n’était qu’un soir de temps en temps, et le lendemain, il s’excusait en pleurant et en la serrant dans ses bras. Elle refusait de se séparer de lui pour autant, trop amoureuse encore pour voir la réalité en face. Elle voulait continuer à vivre dans son petit monde de rêve. Mais avec le temps, les crises se multiplièrent, il devint de plus en plus jaloux, au point de l’empêcher d’aller au travail parfois ou encore d’aller voir Takeru, son meilleur ami, et ses frères. Lui ne voyait plus personne, ne sortait presque plus de l’appartement. Leur entourage voyait les choses s’envenimer, mais elle ne s’imaginait plus vivre sans lui. Elle avait besoin de lui et lui pardonnait tout. Elle se pensait prête à tout endurer. Elle niait sa souffrance. Elle faisait abstraction de la réalité. Mais toute chose a une fin. Et la leur ne tarda plus.




    Kaede et Kazuya fêtèrent leurs deux ans ensemble dans une ambiance peu agréable, ni pour l’un ni pour l’autre. Ils étaient censés rejoindre les frères de la demoiselle et le meilleur ami du jeune homme, Haru, sa femme et leur fils ayant même fait l’effort de venir de Tôkyô. Ils comptaient déménager à Ôsaka bientôt, mais devait encore un peu économiser et refusait d’emprunter l’argent de la jeune femme. Normalement, cette fête devait être en l’honneur des 20 ans de la demoiselle en plus de leurs deux ans ensemble et leur futur mariage. Mais ils n’y allèrent pas. Se refusant à blesser l’homme qu’elle aimait, Kaede se laissa séquestrer dans leur chambre. Il vint la voir plusieurs fois dans la nuit, la plupart du temps vidant son trop plein de colère sur son corps qui ne ressentait plus la douleur tant son cœur était mortifié. Mais une fois, il entra dans la chambre, un autre air sur le visage. Il s’approcha d’elle, il semblait redevenu normal. Il commença pourtant sans rien dire à la déshabiller. Quand elle tenta de l’arrêter, elle prit une volée d’insultes et une gifle. Puis il lui expliqua qu’il lui ferait un enfant, qu’elle ne sortirait pas d’ici tant qu’elle ne serait pas enceinte, que comme ça elle serait toujours à lui. Il s’endormit de longues heures plus tard. Pas elle. Elle avait depuis longtemps préparé un sac qui contenait ses plus précieuses affaires. Elle griffonna quelques mots sur une feuille de papier, puis prenant son sac et une valise d’habits, elle partit. Elle alla d’abord chez le frère dont elle était désormais le plus proche, Hiro. Son corps était clairsemé d’ecchymoses et le cœur du jeune homme fut sur le point de se briser. Il lui demanda, la suppliant presque de le quitter. Les larmes coulaient sur le visage de la demoiselle, mais sa voix était ferme quand elle annonça qu’elle en avait l’intention. Il accepta de l’héberger quelques jours, le temps qu’elle règle ses affaires. Elle lui annonça aussi son intention de quitter Ôsaka. Elle n’irait pas loin, sans doute à Kyôto pensait-elle. Les jours qui suivirent furent durs, déjà parce qu’elle dut donner sa démission dans chacun de ses petits boulots, craignant de le voir surgir. Mais il ne vint pas. Ensuite parce qu’elle apprit qu’il faisait le gué devant chacun des appartements des gens où elle était susceptible d’être. Mais aucun ne dirent rien. La veille de son départ, ses deux frères et Takeru vinrent lui dirent au revoir chez Hiro. Une petite soirée fut organisée. Elle était triste de quitter les gens qu’elle aimait, mais elle savait que son cœur s’habituerait à Kyôto et qu’elle finirait par s’y sentir chez elle. Elle se rendait compte que petit à petit, elle avait sacrifié et bafoué ses valeurs par amour, et elle voulait se retrouver et recommencer sa vie, regagner son indépendance, sa liberté. Voilà pourquoi elle partait. Le lendemain, ce fut Takeru qui l’emmena à la gare. Il lui avoua ses sentiments un peu avant son départ, lui demandant de rester. Elle lui sourit, le remercia, mais lui dit que c’était impossible. Sa route devait continuer. Il se contenta de hocher la tête et de dire qu’il savait qu’elle répondrait ça. Puis elle prit son train, et par l’une des fenêtres, regarda sa ville natale diminuer jusqu’à disparaitre à l’horizon. Puis ses yeux se fixèrent vers le point naissant qu’était Kyôto. Son avenir était devant elle, et elle fonçait à sa rencontre.




    Il ne fallut pas longtemps à Kaede pour s’habituer à Kyôto. Quelques heures tout au plus. Elle arrivait avec une valise et un sac à dos, à la découverte de sa nouvelle vie. Elle avait décidé de tout laisser, appartement compris, à Kazuya. Elle savait qu’il ne faisait pas exprès et qu’il n’était pas à blâmer. Mais elle avait besoin de vivre pour elle avant de se laisser complètement dépérir. Il lui fallut deux jours pour trouver l’appartement de ses rêves. En attendant, elle reprit une vieille habitude, squatter des immeubles abandonnés. Elle n’eut aucun mal à trouver divers petits jobs qu’elle enchainait. Maintenant qu’elle avait arrêté la prostitution, elle préférait éviter de s’y remettre. Bien que la raison qui l’ait poussée à cesser n’était plus d’actualité, le fait en lui-même était positif et mieux valait s’y tenir. Ainsi, bien qu’elle dût travailler beaucoup, elle était contente de sa nouvelle vie. Elle avait dégoté un autre petit travail en tant que chanteuse dans un bar. Il était encore plus petit que son précédent lieu de concert, mais cela lui suffisait. Elle n’avait jamais été très exigeante envers la vie et ce qu’elle avait à lui offrir, mais envers elle-même, par contre, elle l’était particulièrement, et chacune de ses prestations devait être sa meilleure à ses yeux. Elle rencontra divers personnes, se remettant à trainer la nuit, entourée uniquement des ténèbres qui avaient toujours su l’accueillir et la bercer plus sûrement que tout le reste. C’est dans ces milieux-là qu’elle entendit parler de la véritable guerre qui déchirait Kyôto. On en parlait à mi-mot, à peine quelques chuchotements de peur de croiser de véritables membres de cette guerre, et surtout incertains de qui était réellement son voisin. Il y avait les Yakuza et les Boryokudan. Pour elle, pas un des clans ne valait mieux que l’autre. Si elle avait grandi au sein d’une famille de Yakuza et qu’elle en connaissait le fonctionnement par cœur, les informations qu’elle glana sur leurs opposés lui apprirent qu’ils étaient pareils que ce qu’ils voulaient détruire. Elle avait depuis longtemps décidé de ne plus se mêler aux Yakuza, même quand elle aurait pu se rendre la vie plus simple. Maintenant qu’elle avait tout ce qu’il lui fallait, elle comptait encore moins se joindre à eux. Ni aux autres. Trop de risques de problèmes pour aucune garantie que cela lui rapporte quoi que soit. Et puis, c’était la mort de sa liberté, et il en était hors de question. Aussi resta-t-elle aussi discrète que possible, tentant de se fondre dans la masse, de passer inaperçu. Elle se contentait de ses journées de travail, et de ses errances nocturnes, sans réellement se mêler aux autres habitants de la ville, correspondant parfois avec ses frères et Takeru, avec lequel elle avait gardé contact et dont elle recevait des nouvelles de Kazuya. Le temps lui avait ouvert les yeux, et elle avait décidé de ne plus céder à ce sentiment traitre qu’est l’amour. Mais rien n’est moins sûr que l’avenir, et son destin, écrit dans la pierre au côté de tant d’autres, n’avait pas fini de lui jouer des tours.


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Dernière édition par Nakajima Kaede le Mer 15 Juin - 11:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Dim 12 Juin - 15:07

Bonjour :3

Petit message pour te dire qu'on ne t'oublies pas o/ (je viens même de lire toute ton histoire 8D) mais avec les examens et les boulots saisonniers qui commencent, on va mettre un peu de temps à valider ta fiche =]
Patience, mais ça ne devrait pas trop tarder ^^

Bon dimanche ^_^

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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Dim 12 Juin - 15:09

Aucun problème, je comprends tout à fait~
(Bravo~ x3)
J'attendraiiii~ *plante sa tente* --> [ ]
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mar 14 Juin - 20:47

Citation :
Voilà une maigre description de la demoiselle.

LAUL. xD
Je récupère ta fiche, même si Shintaro a son mot à dire :3
Bref, j'ai tout lu. Aujourd'hui, j'ai lu le caractère xD J'pouvais pas tout faire en une fois >.<
Et donc... hormis un petit cafouillage dans la dernière partie de ton histoire,
Citation :
C’est dans ces milieux-là qu’elle entendit parler de la véritable guerre qui déchirait Ôsaka.
(Kyoto non plutôt? ^^) ben je n'y revois pas grand chose à redire. Certes, pour son jeune âge, cette demoiselle a vécu beaucoup (trop?) de choses, mais ça reste toutefois dans la limite du raisonnable (mais à la limite hein? (A)) alors je ne vois pas pourquoi refuser une fiche, surtout vu la quantité et la qualité (malgré quelques fautes, pardonnables vu la longueur xD)

Tu es donc validée ^_^

Voici désormais la marche à suivre :
Citation :
Bienvenue Officiellement sur le Forum !
Ta fiche est validée, mais il te reste encore quelques points à régler avant de te lancer dans le Rp, à savoir :

    • La partie communication : Click
    • Et également la fiche de relation: Click


Une fois cela fait, nous te souhaitons une mort rapide de passer d'agréables moments sur Boryokudan Rpg !

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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mar 14 Juin - 20:58

Marchi~ J'ai corrigé le cafouillage... J'ai fini tard dans la nuit de la veille où je l'ai postée... Je pensais avoir bien relu mais j'avais pas vu ça... U.U|

Désolée pour les fautes, c'est fort probable qu'il en reste... >,<'

En tout cas, merci~ (pour avoir tout lu et m'avoir validée... x3)
Tu veux des carambars ?~ //SHBAFF//
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mar 14 Juin - 21:16

Des carambars /love

De rien en tout cas ^^ Je te rajoute ton groupe et ton rang ^^

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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mar 14 Juin - 21:23

Marchi~ \(^.^)/

*tend son paquet de carambars vers Jun*
Cadeau~
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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mer 15 Juin - 9:17

*o* Bienvenue

Ne veux un lien avec la belle demoiselle /love ^^

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MessageSujet: Re: [Nakajima Kaede||ID]   Mer 15 Juin - 11:19

Mici~ *0*

Oh, je suis honorée ! x3 Mais c'est réciproque, j'en veux un aussi ! °o°~
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